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Droits de l’Homme, Droits de la femme ?

De quel Homme la LDH défend-elle les Droits ? La question n’est pas purement lexicale

dimanche 25 janvier 2009

Que l’on s’intéresse aux problèmes de grossesse chez l’homme, aux découvertes des grands hommes, à la carrière des gentilshommes et des prud’hommes, ou encore aux droits de l’homme, la même interrogation surgit inéluctablement : le mot homme inclut-il les femmes ?

Nous venons de célébrer le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, première déclaration mondiale de ce que nous considérons aujourd’hui comme allant de soi – la dignité et l’égalité inhérentes de tous les êtres humains.

Or la France persiste à parler de droits de l’homme, fidèle à la Déclaration écrite en 1789 qui inscrit dans son article 1er que les « hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

Or, elle fait explicitement référence aux hommes et non aux personnes, ce qui aurait inclus les femmes. Rappelons que cet oubli n’était pas anodin puisque les femmes ont été exclues de la citoyenneté jusqu’en 1945, date de l’obtention du droit de vote des femmes.

La Déclaration Universelle parle d’individus, de personnes et nombre de pays francophones ont adopté un intitulé plus approprié, parlant des Droits de la personne.

Cette question n’est pas aussi anodine qu’il y paraît et il ne s’agit pas seulement d’une question sémantique.

En effet, si des inégalités demeurent à l’encontre des femmes, elles découlent de cette volonté de 1789 d’exclure la moitié du genre humain de la citoyenneté, ainsi que de la liberté et de l’égalité réelle. Olympe de Gouges, qui fut guillotinée en 1793, avait réagi à la misogynie de ce texte en rédigeant une « Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne ».

Le 18 novembre 1982, date beaucoup plus proche de nous, c’est en se basant sur l’article 6 de cette déclaration de 1789, que le Conseil Constitutionnel a empêché l’instauration d’un pourcentage minimum de femmes sur les listes électorales. Ce texte, même si il est une avancée positive, reflète l’idéologie patriarcale du 18 ème siècle, entérinant l’invisibilité de la moitié de la population.

De plus en plus d’associations de femmes souhaitent que cette année soit celle où le titre inventé, il y a soixante ans, soit modifié et que nous parlions, dans tous les lieux et toutes les langues de la Déclaration Universelle des Droits Humains. Ce problème linguistique cache un véritable enjeu politique, il s’agit de reconnaître partout dans le monde que les femmes ont des droits égaux à ceux des hommes.

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