Pêche profonde : le gouvernement tranche, le Grenelle boit la tasse !
Communiqué de Janick Moriceau, du groupe des Elu-e-s Vert-e-s et apparenté-e-s au Conseil régional de Bretagne

Rennes, le 3 septembre 2009
A l’issue du Grenelle de la mer, un comité d’experts présidé par Louis Le Pensec avait été mis en place avec pour objectif de se prononcer sur l’avenir de la pêche profonde et son corollaire le niveau de protection dont devait bénéficier le monde des abysses. Pour tous, il était évident qu’il devait faire l’objet d’une protection renforcée mais jusqu’où ? Devait-il avoir totalement le statut de réserve ? Ou pouvait-on y pratiquer le pêche et sous quelles conditions ? Quelle évaluation pouvait-on avoir des pratiques actuelles ? Autant de questions importantes pour qui devait aussi décider de l’avenir d’hommes et de femmes vivant de la pêche en la Bretagne.
Cette posture avait recueilli la quasi unanimité des participants au débat participatif du Grenelle, écologistes compris. Or, alors qu’il lance cette réflexion importante, fixe au 30 octobre la date de remise de rapport, le gouvernement Sarkozy décide d’adopter une position extrême en vue de la prochaine assemblée générale de l’ONU, le 17 septembre prochain : réserve intégrale sur l’ensemble de ces espaces en interdisant la pratique de la pêche. Il missionne l’écologiste Claire Nouvian, pour convaincre les institutions internationales et européennes qu’il faut mettre fin à la pêche des grands fonds. Une personne qui durant le Grenelle de la mer, auquel j’ai participé, n’a aucun moment montré, contrairement aux représentants d’autres ONG, sa volonté de dialogue avec les pêcheurs. La démission de Louis Le Pensec n’est donc en rien surprenante, pas plus que la réaction des pêcheurs.
Une fois de plus, le gouvernement Sarkozy démontre son machiavélisme en faisant croire à l’opinion publique à grand renfort de communication qu’il mène une réflexion ouverte sur l’avenir de la mer tout en arrêtant des positions non concertées. Décréter du jour au lendemain l’interdiction de la pêche de grands fonds sans avoir eu aucun dialogue avec les hommes qui pratiquent cette pêche et qui depuis des années réclament une expertise de leurs pratiques, sans être entendus, relève du despotisme. Ce n’est pas en foulant au pied les principes participatifs du Grenelle de la mer qui avait permis, sur un sujet très difficile, d’aboutir à un consensus sur une méthode de travail que le gouvernement parviendra à une solution équilibrée.
Ecologistes, pêcheurs et scientifiques étaient pourtant réunis autour de la même table, dans le dialogue, prêts à trouver ensemble des solutions écologiquement responsables et viables. La posture gouvernementale est d’autant plus inacceptable, sur le fond comme sur la forme.
Janick Moriceau
Vice-présidente en charge de la Mer
06.07.69.54.28

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